Front national, chiffres irréels et réelle menace

17 janvier 2012

Presidentielles 2012

 

A cent jours du premier tour de l’élection présidentielle, la présidente du Front national constitue une menace très sérieuse, pour la droite comme pour la gauche, pour Nicolas Sarkozy comme pour François Hollande. Et, au bout du compte, pour la France.

Tous les indicateurs le démontrent : depuis qu’elle a pris la succession de son père, il y a un an, Marine Le Pen a permis au parti d’extrême droite de changer d’allure et de stature.

L’enquête de la Sofres que nous venons de publier témoigne que, depuis un quart de siècle, l’adhésion aux idées du FN n’a jamais été aussi élevée (31 %) dans l’opinion publique et que, à l’inverse, le rejet catégorique de ces idées n’a jamais été aussi faible (35 %). Quant aux intentions de vote en faveur de la candidate du FN, après avoir plafonné durant l’automne 2011, elles semblent à nouveau progresser et flirter avec la barre des 20 %, voire la dépasser.

A l’évidence, sans rien abandonner du coeur de son projet – rétrograde, nationaliste et xénophobe -, Mme Le Pen a réussi à dépoussiérer les vieilles rhétoriques dont son père avait usé et abusé. Elle poursuit avec énergie l’ambition de faire du FN un parti populaire et populiste, comme il en prospère dans nombre de pays européens. Elle entend sortir de la seule posture protestataire et incarner un mouvement capable d’offrir aux Français une véritable alternative politique et décidé à accéder, un jour, au pouvoir.

Pour le démontrer, elle vient de rendre public le chiffrage financier de son projet et, en particulier, de ses deux mesures phares : la sortie de l’euro (et, en réalité, de l’Union européenne) et la suppression de toute immigration en France.

Ses adversaires auraient bien tort, cependant, de se gausser trop vite de l’avalanche de chiffres fantaisistes ou imaginaires qu’elle a présentés et de ses jongleries plus qu’approximatives avec les milliards d’euros. Leur devoir est double, au contraire : non seulement procéder au démontage précis et pédagogique de cet échafaudage irréel, mais aussi lui opposer de manière sérieuse leurs propres solutions à la crise.

Car Mme Le Pen ne progresse, et ne continuera à le faire, que parce que ni le président sortant ni son concurrent socialiste ne parviennent, à ce jour, à convaincre les Français qu’ils sont porteurs d’un projet d’avenir. Tant le Front national se nourrit des faiblesses, des impuissances ou des abandons de la gauche dans les années 1990, de la droite depuis dix ans.

De même, les uns et les autres auraient tort de rêver, secrètement, que la menace Le Pen soit levée par l’impossibilité où se trouverait la candidate du FN de réunir les 500 parrainages nécessaires pour concourir. Si Marine Le Pen peine à réunir ces signatures, elle le doit d’abord à elle-même, à l’image et à l’histoire de son mouvement, à la gêne qu’il continue à inspirer à de très nombreux élus locaux. Mais si elle se retrouvait empêchée de se présenter, nul doute que la défiance des Français à l’égard de notre système politique en serait redoutablement renforcée.

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